Faire plaisir, c’est souvent simplifier, proposer des exercices que l’élève réussit immédiatement. Mais une réussite immédiate est une illusion. Si tout fonctionne tout de suite, rien ne travaille.
Je vois des professeurs enchaîner des verbes d’action sans corriger, ou avec des corrections superficielles (du flan). L’élève bouge, parfois bien, souvent sans précision, et on le félicite. C’est une manière d’éviter le point de résistance.
Ce qui construit un danseur, ce n’est ni la réussite immédiate, ni l’absence de retour. C’est un endroit précis où ça bloque, où ça cherche, où ça ne marche pas encore, et où quelqu’un intervient au bon moment.
Je dis parfois aux élèves qui s’énervent : si je vous donne des exercices que vous réussissez tout de suite, ça ne sert à rien. Le plaisir viendra quand vous vous rendrez compte du chemin parcouru pour y arriver.
Mon rôle commence là où ça résiste.
La vraie difficulté n’est pas de savoir quoi dire.
C’est de savoir quand se taire.
