14/Question ouverte sur l’enseignement de la danse aujourd’hui.

Je vois apparaître de plus en plus de termes techniques inventés ou détournés (j’en entends un florilège assez cocasse), souvent présentés avec un vocabulaire pseudo-anatomico-scientifique. Je me demande si on est encore dans la transmission ou déjà dans la manipulation.

Ce n’est pas de la pédagogie, c’est une stratégie d’autorité : plus c’est obscur, plus ça impressionne. Ça donne une illusion de savoir mais ça n’éclaire rien.

Pire : ça embrouille les élèves et les éloigne du corps réel.

Par ailleurs, l’approche par verbes d’action (pousser, plier, sauter, absorber, porter) est évidemment utile, notamment avec les enfants. Mais si la danse reste uniquement mécanique, elle passe à côté de l’essentiel : ce que le geste cherche à exprimer. Comme si danser se résumait à exécuter correctement des actions…

Un corps bien entraîné n’est pas forcément un corps qui dit quelque chose. À force de fabriquer des machines efficaces, on oublie de former des interprètes.

La technique devrait être un langage au service du sens, pas un écran de fumée. Peut-être que l’enjeu est là : trouver un équilibre entre précision technique et qualité d’expression, entre clarté du langage et profondeur du vécu.

Sinon, on n’enseigne pas la danse. On fabrique des exécutants sous emprise d’un discours qu’ils n’ont même pas les moyens de questionner.

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