J’aime donner des cours, mais ce que j’aime par-dessus tout, c’est enseigner.
Je me pose souvent la question de la technique telle qu’elle est transmise dans la méthode Jooss-Leeder.
Contrairement à une opposition trop souvent posée entre travail « libre/improvisation » et travail « codifié/académique ou technique », les deux dimensions apparaissent profondément interdépendantes. Les formes techniques (qu’il s’agisse d’études ou d’enchaînements) ne sont pas des modèles à imiter extérieurement. Elles fonctionnent comme des structures de contrainte permettant de vérifier la justesse d’une organisation interne.
Autrement dit, la technique ne précède pas la sensation, elle en dépend. Mais inversement, la sensation ne suffit pas : elle doit trouver une forme qui la rende lisible, transmissible. Pour moi l’acte pédagogique se situe dans cette tension entre intériorité et extériorité. L’enseignant ne transmet ni une forme vide, ni une sensation indescriptible que par onomatopée, mais une capacité à articuler ces deux dimensions.
Victor Hugo disait : « La forme, c’est le fond qui remonte à la surface ».
